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Quels sont les avantages et les inconvénients d’un apport-cession ?

Publié le 15 novembre 2023

Mise à jour le 13 avril 2026

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Par Aurore Perrin, Directrice marketing associée de Sapians, je prône une approche simple, transparente et pédagogique de l’investissement financier. Dans cette même démarche, je rédige la chronique "Ma minute finance" pour elle.fr.

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⚠️ LFI 2026 — Le dispositif est durci — (1) Seuil : 60 % → 70 % | (2) Délai réinvestissement : 24 → 36 mois | (3) Conservation : 5 ans (LFI 2026) → 5 ans | (4) Immobilier locatif résidentiel : exclu du remploi | (5) Délai donation : 5 → 6 ans. Ces contraintes réduisent la flexibilité du dispositif mais n'en changent pas l'économie générale (le report d'imposition reste très avantageux).

L'apport-cession: Quels sont les bénéfices pour un chef d'entreprise ?

En règle générale, 50 000 à 75 000 entreprises sont mises en vente chaque année en France. Si la plupart de ces transactions ont lieu à l’occasion du départ en retraite du dirigeant, beaucoup d’entre elles sont l’œuvre de chefs d’entreprise moins âgés, qui choisissent de transmettre leur société afin de se lancer dans une nouvelle activité professionnelle.

Illustration de ce constat, l’âge moyen des repreneurs de PME avoisinerait 45 ans, selon le dernier Observatoire de l’association Cédants et Repreneurs d’Affaires. Pour ces entrepreneurs, tout particulièrement, le dispositif d’apport-cession prévu par l’article 150-0 b Ter du Code Général des Impôts peut se révéler extrêmement intéressant à plusieurs titres.

En quoi consiste le mécanisme d’apport-cession prévu par l’article 150-0 b Ter du CGI ?

La technique de l’apport-cession consiste pour un dirigeant à apporter dans un premier temps, en amont de la vente de sa société, tout ou partie des titres de cette dernière dans une holding généralement constituée à cet effet et qu’il contrôle.

En contrepartie de cet apport, il recevra des actions ou des parts sociales de cette structure. C’est cette dernière qui, dans un second temps, procédera à la cession des titres apportés auprès d’un repreneur tiers.

 

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L'apport-cession par l'article 150-0 b Ter : un dispositif aux multiples avantages

1. L'optimisation fiscale sur les plus-values

En procédant de la sorte, le chef d’entreprise pourra optimiser à court terme sa fiscalité et, surtout, se doter de marges de manœuvre plus amples pour financer ses nouveaux projets professionnels.

Lors d'une vente directe de son entreprise la plus-value dégagée (différence entre le prix de rachat initial et celui de cession) est immédiatement soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU), soit un taux global de 31,4 % (LFSS 2026) (12,8% au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % (LFSS 2026) au titre des prélèvements sociaux). A cette taxation peut s’ajouter le paiement de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), dont le taux s’établit, selon le revenu fiscal de référence du foyer du chef d’entreprise, à 3% ou 4%.

Prenons un exemple concret : après avoir acquis sa société pour 20 000 euros, un dirigeant la revend dix années plus tard au prix de 800 000 euros. Sur sa plus-value de 780 000 euros, il devra d’emblée reverser à l’administration fiscale 234 000 euros au titre du PFU, et 9 000 euros au titre de la CEHR (sur la base d’un taux de 3%). Sur le produit de cession initial de 800 000 euros, il ne lui reste donc plus « que » 557 000 euros à allouer à l’instant-T, par exemple, au rachat d’une nouvelle entreprise.

2. Le report d'imposition

Avec la mise en œuvre du dispositif de l’apport-cession défini par l’article 150-0 b Ter du CGI, l’imposition relative à la plus-value de cession est calculée au moment de l’apport des titres de l’entreprise à la holding préalablement créée.

Le dirigeant ne percevant toutefois pas de liquidités à ce stade de l’opération – simplement des titres de sa holding –, la taxation effective s’en trouve différée : on parle alors de « report d’imposition », dont la durée varie selon certains critères :

  • Si la holding conserve les titres de la société pendant plus de 3 ans, ce report est considéré comme étant acquis. L’impôt sur la plus-value de cession constaté au moment de l’apport ne devra être payé qu’après la vente de la totalité des titres détenus par la société ;

  • Si leur cession intervient moins de 3 ans après l’apport, le dirigeant peut continuer de bénéficier du report à condition de réinvestir, dans un délai de deux ans à compter de la date de cession, au minimum 60% du produit de la vente dans des « activités économiques éligibles » (voir ci-dessous). Ces réinvestissements devront en outre être conservés pendant au moins douze mois. Sous réserve du respect de ces conditions, l’impôt sur la plus-value de cession devra être acquitté, là aussi, seulement après que la société a cédé l’intégralité des titres. 

C’est dans ce deuxième cas de figure que le mécanisme de l’apport-cession se révèle tout particulièrement attractif pour le dirigeant en quête d’un nouveau défi professionnel. En réinjectant le produit de cession des titres dans l’acquisition d’une cible, il disposera en effet d’une force de frappe financière renforcée : sur la base de l’exemple précédent, son enveloppe disponible à l’instant-T ne sera pas de 557 000 euros, mais de 800 000 euros !

3. L'exonération d'imposition sur les plus-values

Dans une logique plus patrimoniale, le dispositif d’apport-cession permet également d’exonérer le dirigeant du paiement de l’impôt sur les plus-values de cession dans deux situations : la donation en pleine propriété des titres de la holding et le décès du cédant. Le report d’imposition est alors dit « purgé ».

Vous êtes un chef d'entreprise et souhaitez vous faire accompagner sur le dispositif d'apport-cession? Profiter d'un accompagnement sur-mesure pour vos opérations d'apport-cession en prenant rendez-vous avec un expert Sapians.

L'apport-cession par l'article 150-0 b Ter : présente quelques inconvénients

Séduisant, le dispositif d’apport-cession comporte néanmoins quelques inconvénients, que le futur cédant doit bien avoir à l’esprit.  

1. Les frais de démarrage 

Sauf à ce que celui-ci détienne déjà une holding, il devra en créer une spécifiquement en vue de lui apporter ses titres. Cette étape impliquera une série de dépenses, relatives notamment à la rédaction des statuts, à la publicité dans un journal d’annonces légales et à l’immatriculation de la société.

2. Les modalités de réinvestissement strictement encadrées 

Dans le cas d’une vente des titres de la société par la holding moins de trois ans avant la date d’apport, l’article 150-0 b Ter du CGI contraint le dirigeant à réinvestir au moins 70 % du produit de cette cession « dans le financement de moyens permanents d’exploitation affectés à son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière », « dans l’acquisition d’une fraction du capital d’une ou de plusieurs sociétés exerçant une activité » dans le champ prévu par le texte, « dans la souscription en numéraire au capital initial ou à l’augmentation de capital d’une ou de plusieurs sociétés répondant aux conditions prévues » ou « dans la souscription de parts ou actions de fonds communs de placement à risques, de fonds professionnels de capital investissement, de sociétés de libre partenariat ou de sociétés de capital-risque respectant les conditions prévues ».

3. Les versements de dividendes impossibles 

Entre l’apport des titres de sa société à sa holding et leur vente par cette dernière, le dirigeant ne pourra pas se verser de dividende dans la mesure où l’opération ne génère aucun bénéfice comptable. La raison : le prix de cession est (normalement) identique au prix de l’apport initial.

 

Sapians vous accompagne pour la mise en place du dispositif d'apport-cession par l'article 150-0 b Ter

Sur un plan tant juridique que fiscal, la mise en place d’un dispositif d’apport-cession n’est pas une opération aisée. Chez Sapians, nous travaillons étroitement avec des avocats fiscalistes reconnus qui sauront, aux côtés de nos spécialistes, vous accompagner dans ce projet.

Une fois votre holding constituée et l’apport des titres de votre entreprise réalisé, nous pourrons également vous proposer les meilleures solutions d’investissement en private equity, immobilier, dette privée et infrastructures, répondant aux contraintes fixées par l’article 150-0 b Ter du CGI.

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En résumé

Réponse rapide : Quels sont les avantages et les inconvénients d’un apport-cession ? L’apport-cession peut être un outil très efficace de report d’imposition, mais il obéit à des règles strictes sur le calendrier, le réinvestissement et la réalité économique de l’opération.

  • Le dispositif doit être pensé dès l’amont de la cession, avec un schéma juridiquement propre et une documentation solide.
  • La nature des actifs réinvestis, le niveau de risque accepté et l’horizon de détention doivent être cohérents avec le projet patrimonial.
  • La recherche de report fiscal ne doit pas conduire à investir trop vite ni sur des supports mal compris.

Chez Sapians, nous traitons l’apport-cession comme un sujet de stratégie globale : fiscalité, liquidité, allocation et réemploi du capital.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions de base d’un apport-cession ?

Le régime suppose un schéma juridiquement propre, un calendrier maîtrisé et, selon les cas, le respect d’obligations de réinvestissement dans des délais précis.

Que peut-on considérer comme un réinvestissement éligible ?

Tout dépend du cadre exact de l’opération et des textes applicables. La nature de l’actif réinvesti, le niveau de contrôle et la réalité économique sont essentiels.

Pourquoi faut-il éviter de réinvestir trop vite ?

Parce qu’un mauvais support peut coûter bien plus qu’un avantage fiscal mal calibré. Le report d’imposition ne doit pas dicter seul la décision d’investissement.

Quels sont les principaux points de vigilance ?

La documentation, la chronologie, le respect des seuils ou délais applicables, la liquidité et la cohérence du réemploi avec les objectifs patrimoniaux.

L'approche Sapians

L’apport-cession doit être conçu comme un projet global de réemploi du capital.

  1. Sécuriser la mécanique : valider le calendrier, la holding éventuelle et les conditions d’application du régime.
  2. Définir un plan de réinvestissement : identifier les poches éligibles, leur horizon et le niveau de risque acceptable.
  3. Éviter les mauvais arbitrages : ne pas laisser la seule contrainte fiscale imposer un investissement inadapté.
  4. Piloter dans la durée : suivre les engagements, les justificatifs et la cohérence de l’allocation post-opération.

Chaque recommandation repose sur une analyse de votre situation, de vos contraintes de liquidité, de votre horizon et du risque réellement acceptable.

 

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